Cette année, je suis allé arpenter les allées de VivaTech. Pour rappel, l’édition 2026 (la 10ᵉ) s’est tenue du 17 au 20 juin à Paris Expo Porte de Versailles, avec un fil rouge assumé : « Artificial Intelligence: impact, not illusion ». Tout un programme quand on fait du SEO et du GEO pour gagner sa vie.

J’y suis allé avec mes lunettes de consultant SEO GEO 👀 : qui travaille vraiment la visibilité dans les moteurs génératifs ? Qui s’attaque aux vrais problèmes de l’IA en production (coûts, gouvernance) ? Et qui se contente de coller « IA » sur un cas d’usage gadget pour faire le show ?
Voici mon compte-rendu, forcément subjectif, organisé par ce qui m’a marqué.
Les entreprises de SEO / GEO présentes au Viva Tech 2026
Le SEO et le GEO ne sont pas (encore) la star de VivaTech. On parle infrastructure, robotique, souveraineté, agents. Mais quelques acteurs de l’écosystème SEO GEO étaient bien là, et c’est un signal intéressant : la visibilité dans les LLM commence à être prise au sérieux par les décideurs, pas seulement par les SEO.
Meteoria
Meteoria était présent aussi, et là je m’attarde, parce que c’est exactement le type d’outil dont je parle souvent ici.
Meteoria est une plateforme de GEO (Generative Engine Optimization) 100 % française, adoptée par plus de 1 000 entreprises. Le principe est simple à comprendre une fois qu’on a accepté la bascule de paradigme : en SEO classique, on cherche à apparaître dans une page de résultats ; en GEO, on cherche à devenir une source de la réponse de l’IA. L’utilisateur ne voit plus dix liens bleus, il voit une synthèse. La question n’est donc plus « suis-je en position 1 ? » mais « est-ce que ChatGPT, Gemini, Perplexity ou les AI Overviews me citent, et comment ? ».

Concrètement, Meteoria interroge quotidiennement les principales IA avec des prompts stratégiques, puis archive et analyse chaque réponse. La plateforme ne se contente pas d’un « oui/non » de présence : elle restitue un Visibility Score multi-LLM (votre part de voix moteur par moteur), une cartographie des citations et des sources que les IA jugent fiables, une analyse de sentiment et de concurrence, et un Action Engine qui propose des check-lists pour rendre vos contenus « LLM-friendly ». Elle décortique aussi le query fan-out, c’est-à-dire les sous-requêtes qu’une IA génère en coulisses pour répondre à un prompt. Détail qui parle aux e-commerçants : il existe un module dédié aux carrousels produits de ChatGPT.
Get Mint, le grand absent
En revanche, GetMint n’était pas là. Et ça m’a surpris.
Pour le situer : GetMint est l’autre grosse solution GEO française, une startup qui a levé 4 M€ fin 2025 et revendique 200+ clients. Sa différence avec Meteoria, c’est qu’elle ne s’arrête pas au monitoring : elle combine la mesure de visibilité IA, un Content Studio intégré pour produire le contenu, et une distribution via un réseau de 150 000+ éditeurs partenaires. Elle couvre une dizaine de LLM (ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity, Grok, AI Overviews, Mistral, DeepSeek, Copilot, Meta AI) et propose un score de visibilité propriétaire basé sur des simulations probabilistes.

Bref, un acteur sérieux du GEO français, qui aurait eu toute sa place à côté de Meteoria. Son absence interroge : choix stratégique, calendrier, budget salon ? Je n’ai pas la réponse. Mais quand on construit sa marque sur la visibilité, ne pas être présent là où se concentre l’attention des décideurs reste un pari.
Si vous voulez comparer ces solutions dans le détail, j’en ai parlé dans mon classement des meilleurs outils GEO.
Eskimoz
Eskimoz était présent. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’une des plus grosses agences SEO d’Europe, désormais clairement positionnée sur le combo Search + GEO. Voir une agence de cette taille à VivaTech, et pas seulement des éditeurs de logiciels, confirme une chose que je répète depuis un moment : le GEO n’est plus un sujet de niche pour techos, c’est devenu un sujet de COMEX. Quand une agence vient parler visibilité IA à un public d’investisseurs et de grands comptes, c’est que la demande est là.
Les entreprises de gestion de tokens présentes au Viva Tech 2026
Scaleway
L’acteur que je retiens sur ce terrain, c’est scaleway, présent à VivaTech (Hall 7.3, et leur CEO Damien Lucas est monté sur scène, notamment sur le sujet « Sovereignty & Ethics »). Le cloud français s’est positionné très clairement sur l’inférence IA souveraine, avec deux briques qui touchent directement à la gestion des tokens.
D’un côté, les Generative APIs : des endpoints serverless qui servent des modèles ouverts (Llama, Mistral, Qwen, Gemma, Pixtral…) facturés au million de tokens, avec une API compatible OpenAI et un mode Batches qui offre -50 % sur les usages non temps réel. De l’autre, le Managed Inference (rebaptisé Generative APIs Dedicated Deployment) : de l’infrastructure GPU dédiée à tarif horaire fixe avec tokens illimités, pensée pour les workloads à fort débit où l’on veut un coût prévisible plutôt qu’un compteur qui s’emballe.
L’argument de Scaleway dépasse le simple prix : c’est de la souveraineté. Les prompts et les réponses restent en Europe, sous juridiction RGPD, et ne sont ni lus ni réutilisés. Quand on sait que tout le sujet du salon tournait autour de la souveraineté numérique, héberger son inférence sur une infra européenne plutôt que chez un hyperscaler américain devient un argument stratégique autant que financier. Détail qui parle : c’est sur l’infra Scaleway que tournent des acteurs comme Mistral et Kyutai.
Pour compléter, sur ce terrain de la maîtrise des coûts, tout un écosystème FinOps for AI se structure aussi pour suivre la consommation de tokens par équipe et activer les leviers d’optimisation (prompt caching, caching sémantique, batching asynchrone, routage de modèles, quantification). Sur les workloads à contexte répété, on parle de 50 à 90 % d’économies possibles sans toucher à la qualité.
Pourquoi un SEO/GEO devrait s’y intéresser ? Parce que si votre stratégie GEO repose sur des agents qui interrogent des LLM à grande échelle (monitoring quotidien de centaines de prompts sur plusieurs moteurs, c’est exactement ça), la facture de tokens devient une ligne de coût directe. Le GEO et la gestion des tokens sont les deux faces d’une même pièce : produire de la visibilité IA a un coût d’inférence, et savoir le maîtriser fait partie du métier.
Pourquoi un SEO/GEO devrait s’y intéresser ?
Parce que si votre stratégie GEO repose sur des agents qui interrogent des LLM à grande échelle (monitoring quotidien de centaines de prompts sur plusieurs moteurs, c’est exactement ça), la facture de tokens devient une ligne de coût directe. Le GEO et le FinOps for AI sont les deux faces d’une même pièce : produire de la visibilité IA a un coût d’inférence, et savoir le maîtriser fait partie du métier.
Les entreprises de gouvernance IA présentes au Viva Tech 2026
Autre catégorie en nette montée : la gouvernance de l’IA. Avec l’EU AI Act qui se déploie, les entreprises doivent prouver qu’elles maîtrisent leurs systèmes IA, et tout un marché s’est créé pour ça.
Deux noms à retenir.
Hodor
Hodor (hodor.ai, édité par Colibri) attaque le problème par l’angle le plus opérationnel : c’est la couche d’identité, de policy et de guardrails pour les agents IA. Le nom est d’ailleurs un clin d’œil parfait, pour ceux qui ont la référence : « Hold the door ». L’idée, c’est de tenir la porte des agents.

Concrètement, Hodor permet de donner une identité unique à chaque agent (qui l’a déployé, quand, avec quelles permissions, fini le shadow AI qui tourne dans l’infra sans contrôle), de définir des accès fins par outil et par scope (un agent peut lire les contacts mais pas les supprimer, faire 10 mises à jour par heure maximum, interroger la base en lecture seule mais pas supprimer de table), d’appliquer ces règles en temps réel, et de logguer chaque action dans un audit trail complet. Le tout avec un kill switch pour couper un agent qui dérape. Ils annoncent 35+ intégrations (Stripe, Linear, Postgres, Supabase, GitHub, Slack…).
C’est exactement le type d’outil qui va devenir indispensable à mesure que les agents prennent des actions réelles dans les systèmes des entreprises. Quand un agent peut passer une commande, modifier une base ou envoyer un paiement, il faut une couche qui décide ce qu’il a le droit de faire. Hodor, c’est ça.
Credo AI
C’est l’autre poids lourd, souvent cité comme le leader de la catégorie. La plateforme gouverne agents, modèles et applications sur tout le cycle de vie : register, assess, govern, monitor, report. Leur force, ce sont les Policy Packs qui encodent les régulations (EU AI Act, NIST, ISO 42001, loi 144 de New York) en exigences d’évaluation prêtes à l’emploi, plus un assistant de gouvernance maison (GAIA). Détail qui pèse : Credo AI participe directement à l’écriture des cadres réglementaires, et a été classée par Fast Company parmi les entreprises les plus innovantes de 2026, aux côtés de Google, Nvidia, OpenAI et Anthropic.

Là encore, le lien avec notre métier n’est pas évident au premier abord, mais il existe. Le jour où vos contenus, vos données structurées et vos entités alimentent des systèmes IA, la traçabilité et la conformité de ces systèmes deviennent un sujet. La gouvernance IA, c’est la couche qui décide quelles sources sont jugées fiables et exploitables. Pas anodin quand tout le GEO consiste justement à devenir une source de confiance.
Les entreprises orientées commerce agentique présentes au Viva Tech 2026
Le mot agentic (agentique) a résonné partout : des stands Microsoft à ceux de LVMH. Le commerce en ligne sera fait par des agents IA prochainement. Surtout avec le soutien que Google, Shopify, etc apportent aux protocoles tel que : WebMcp, UCP, A2A, etc. La question qui se pose maintenant est : est-ce que nos sites e-commerce sont lisibles par ces nouveaux agents ?
Car concrètement, on bascule d’un web où l’humain tapait une requête, cliquait sur un résultat, naviguait sur un site… vers un web où un agent IA décide à ta place. Il compare, filtre, et achète.
Voici les entreprises qui m’ont marqué.
LVMH déploie ses propres agents retail
LVMH a occupé une place centrale avec sa DreamGallery, présentant 12 projets issus de 11 maisons. Avec trois agents mis en avant :
- Célia (Celine) : propulsé par MaIA, la plateforme IA interne du groupe, Célia assiste les équipes retail en temps réel : stocks, infos produits, après-vente. C’est un agent inward-facing, pas encore client, mais c’est la prochaine étape logique.
- Gaston (Louis Vuitton) : même logique, même architecture, déployé sur les postes des conseillers LV.
- Application ChatGPT de Louis Vuitton : le truc le plus intéressant pour nous SEOs LV dévoile une app intégrée directement dans ChatGPT. L’utilisateur peut interagir avec la marque sans jamais ouvrir un navigateur.
Perfect Corp. Le premier vrai cas d’architecture A2A en commerce
Perfect Corp. est venue présenter son Beauty AI Agent avec une intégration Agent-to-Agent (A2A) compatible Claude et ChatGPT.
Le principe est simple : une marque qui a déjà son propre agent IA peut lui brancher le module de Perfect Corp. comme une skill analyse de peau, recommandations produits, virtual try-on sans toucher à son infra existante.
L’agent de la marque délègue les tâches beauté à l’agent spécialisé de Perfect Corp., qui renvoie le résultat dans le flux conversationnel. Multi-catégories, pay-as-you-go, discovery automatique des intents au démarrage.
Mon angle GEO : l’architecture A2A est exactement ce vers quoi le web agentique tend. Aujourd’hui c’est la beauté, demain c’est chaque verticale e-commerce. Pour les SEOs, ça signifie qu’il faudra penser visibilité dans les registres d’agents (style agent.json ou llms.txt) autant que dans les SERPs classiques.
Onepoint × Microsoft : des agents commerciaux en démo live
Sur le stand Microsoft (Hall 7), Onepoint présentait des démos live de son Sales Mate Agent : un agent qui dialogue en langage naturel avec un CRM, remonte les opportunités chaudes, rédige des follow-ups, et optimise le tunnel de vente sans qu’un humain touche une interface.[8]
Les workshops « construis ton agent métier en 45 min » affichaient complet les trois jours. Le signal est clair : les entreprises ne sont plus en phase de curiosité, elles sont en phase de déploiement.
Mon angle GEO : quand les agents CRM commencent à chercher des fournisseurs ou à comparer des offres pour leurs utilisateurs, qui va apparaître dans leurs résultats ? Exactement le même problème de visibilité que le SEO, mais pour les machines. Le Share of Model devient un KPI commercial direct.
Keyban , le maillon manquant : Le wallet programmable pour les transactions agentiques
Keyban présentait son Agent Wallet : une infrastructure de wallet conçue pour que des agents IA puissent exécuter des transactions de manière autonome, avec délégation de droits et limites de dépenses configurables. En gros, le plombier financier du commerce agentique.[10]
Mon angle GEO : si les agents peuvent payer, le tunnel d’achat s’affranchit complètement du navigateur et du checkout classique. Pour les e-commerçants, ça remet en question toute la logique UX/CRO, et pour les SEOs, ça déplace encore plus la valeur vers l’optimisation de la confiance machine (avis, certifications, données tierces).
Ce que ça veut dire pour le GEO
Le GEO, c’est la couche en amont. Comment s’assurer que ton contenu, tes produits, ta marque existent dans le raisonnement des LLMs ? Plus question de se battre uniquement pour la position 1 sur Google. Il faut maintenant apparaître dans la shortlist qu’un agent IA construit pour son utilisateur.
Pour le faire, il y a evidement une checklist GEO publiée par un dev de chez Google.
La montée du « bad AI »
Et puis il y a ce que j’appelle, faute de mieux, le « bad AI ». Le revers du salon.
À côté des acteurs qui s’attaquent à de vrais problèmes (coûts, gouvernance, visibilité, recherche fondamentale), une bonne partie des grands stands, type L’Oréal, Samsung et compagnie, déployait l’IA sur des cas d’usage que j’ai trouvés franchement peu parlants. Des filtres, de la « détection de votre parfum préféré », des expériences gadgets calibrées pour le selfie et le passage en story.

Ce qui me gêne, ce n’est pas l’animation de stand en soi. Un salon, c’est aussi du spectacle, je le comprends. Ce qui me gêne, c’est qu’on mobilise une technologie qui n’est pas donnée (l’inférence coûte cher, on vient justement d’en parler avec le FinOps) pour des usages à valeur quasi nulle. On allume des GPU, on brûle des tokens et de l’énergie, pour faire deviner un parfum à un algorithme. Quand le fil rouge officiel du salon est « impact, not illusion », il y a une certaine ironie à voir autant d’illusion sur les plus gros stands.

Mon point de SEO/GEO là-dedans : cette « bad AI » pollue la perception du public et des décideurs. Elle entretient l’idée que l’IA, c’est du gadget marketing, alors que les usages qui comptent vraiment (mesurer sa visibilité dans les réponses génératives, maîtriser ses coûts d’inférence, gouverner ses systèmes) sont infiniment moins photogéniques mais infiniment plus stratégiques. Le travail de fond se fait sur les petits stands et dans les outils, pas dans les bornes à filtres.
Ce que je retiens

VivaTech 2026, vu d’un siège de consultant SEO/GEO, c’est trois bonnes nouvelles et une réserve.
Les bonnes nouvelles : le GEO arrive sur le radar des décideurs (Eskimoz, Meteoria étaient là), la maîtrise des coûts d’inférence devient un sujet sérieux (FinOps for AI), et la gouvernance IA se structure vite (Holistic AI, Credo AI). Tout ça, ce sont des signaux que l’IA entre dans sa phase adulte : on mesure, on optimise, on encadre.
La réserve, c’est ce « bad AI » qui occupe encore trop d’espace et de budget pour des usages gadgets. Mais c’est peut-être le prix d’un salon grand public.
Et un dernier regret tout personnel : l’absence de GetMint, qui aurait complété le tableau du GEO français. Pour la prochaine fois, j’espère.
Continuez la lecture
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